Amoureux de running, nous savons tous que la distance du mythique marathon est de 42,195 km… mais pourquoi cette exactitude ? Gaëlle Mobuchon

Running : pourquoi la distance d’un marathon est-elle de 42,195 km ?

Marathon
28/11/2024 11:43

Amoureux de running, nous savons tous que la distance du mythique marathon est de 42,195 km… mais pourquoi cette exactitude ? Derrière cette précision chirurgicale se cache une histoire étonnante, entre exploits héroïques, décisions absurdes et un soupçon de royauté capricieuse. Décryptage historique.


L’origine du marathon est faite de légendes : Pourquoi 42,195 kilomètres ? Une question que tout marathonien, l’esprit lessivé et les jambes lourdes, s’est posée au moins une fois avant de franchir la ligne d’arrivée. Pourquoi pas 42 tout rond ? Ou même 40, à l’image du mythe grec dont cette course tire son nom ? Marathons.com se devait de se poser toutes ces questions !

| Phidippidès le premier marathonien ?

Retour dans un passé très lointain, au 5e siècle avant notre ère. En 490 av. J.-C., l’armée grecque, contre toute attente, terrasse les envahisseurs perses lors de la célèbre bataille de Marathon. La légende raconte qu’un un soldat et messager athénien du nom de Phidippidès, aurait couru sans relâche jusqu’à Athènes, à près de 40 kilomètres, pour annoncer la victoire. Arrivé au bout de ses forces, le premier marathonien de l’histoire malgré lui aurait murmuré un dernier mot, « Nikè » (victoire en grec ancien), avant de s’effondrer de ce long périple.

Mais selon l’unique récit de l’époque ainsi qu’Hérodote, l’Athénien n’aurait pas couru entre Marathon et sa ville natale, mais entre Athènes et Sparte pour aller chercher de l’aide. Ces 250 km à pied et 36h pour rejoindre la Cité du Péloponnèse ne seront jamais véritablement vérifiés et une course d’ultrafond long de 246 bornes intitulée « Spartathlon » se dispute dorénavant depuis 1983 entre les deux villes. Tragique et grandiose, ce récit mythologique inspirera la postérité.


| Spiridon Louis dans l’histoire

Lors des premiers jeux olympiques modernes, en 1896, organisés à… Athènes, cette épopée antique trouve une nouvelle incarnation. Une course de 40 kilomètres est ajoutée au programme par le baron Pierre de Coubertin accompagné de son bras droit et linguiste Michel Bréal pour honorer Phidippidès, reliant la plaine de Marathon au stade Panathénaïque de la capitale grecque. C’est ainsi que le marathon entre dans la légende du sport international.

Pour l’anecdote, cette première course moderne fut remportée par un berger grec nommé Spyrídon Loúis, devenant littéralement un héros. Et durant cette époque, chaque édition des Jeux choisit sa propre distance, oscillant entre 40 et 42 kilomètres selon l’humeur des organisateurs. Rien n’est encore gravé dans le marbre.


| Une royauté redessine le marathon en 1908

C’est ici que l’histoire bascule du noble au trivial. Lors des JO de Londres en 1908, le marathon doit couvrir la distance classique de 26 miles (41,843 kilomètres). Mais voilà, les caprices de la famille royale viennent chambouler les plans. La reine Alexandra souhaite que la course commence sous les fenêtres du château de Windsor pour que ses enfants puissent assister au départ. La ligne d’arrivée, elle, est déplacée devant la loge royale du stade olympique pour une vue parfaite.

Résultat ? Une rallonge de 385 yards (352 mètres) est ajoutée, portant la distance totale à 42,195 kilomètres. Le plus absurde ? Cette extension improvisée aurait pu rester une anecdote locale. Que nenni, elle finit par s’imposer comme une norme internationale, et en 1921, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF à l’époque, World Athletics maintenant) entérine officiellement cette distance sans doute par pure inélégance du hasard ou par amour du détail inutile.


| Une absurdité devenue symbole

Aujourd’hui, sacrés sont ces 42,195 kilomètres. Chaque marathonien les connaît par cœur, chaque coureur en redoute le dernier. Pourtant, peu de gens réalisent qu’ils doivent cette précision déconcertante à une reine, une pelouse royale et des loges plutôt prestigieuses. Mais c’est justement cette alchimie entre mythe antique et fantaisie moderne qui donne au marathon sa saveur si particulière.


Derrière chaque foulée se cache l’écho de Phidippidès et le clin d’œil d’Alexandra. Ces kilomètres racontent une histoire, faite de sueur, d’ambition et d’un grain de folie, qui unit les générations et dépasse les frontières. Alors, la prochaine fois que vous entendrez ce chiffre étrange, rappelez-vous : le marathon, c’est bien plus qu’une distance, c’est également un voyage à travers le temps, une célébration de l’endurance humaine et une preuve que même les sautes d’humeur royales peuvent créer des légendes.

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